Je ne veux plus de mari, plus de chat, plus d’enfant…
Parce que les maris sont absents
Parce que les petits chats meurent
Et que les enfants…
Les enfants souffrent.
Je ne veux plus de soleil
Ni de pluie
Parce que la chaleur ne me touche plus
Et le froid est intense
Je ne veux plus de rires ni de pleurs
Parce que…
Parce que je ne sais ni rire ni pleurer
Je ne veux plus de frères ni de sœurs
Parce que….
Parce que je ne suis la sœur de personne
Je ne veux plus de Vie ni de Mort
Parce que…
Parce que ma vie est devenue la mort.
Je ne veux plus
De rien
Plus.
~~~~~
La première fois…
Tu te souviens, dis...
La première fois dont on croit qu’elle sera l’unique...
La plus glorieuse, la plus lumineuse...
Ton visage levé vers moi...
Tes yeux qui s’ouvrent…
Ton regard qui brille encore de toute la confiance du début…
Toi surtout…si pur encore,...ébloui par tes découvertes
Tendant les mains pour en avoir plus
Le premier rire ravi
Ravi
Emerveillé...
De nouveau ton regard qui se tourne vers moi
Qui m’invite à vivre comme toi
Au bord du monde
La première fois mon tout petit…t’en souviens-tu ?
Tu tends les mains vers le ciel...Tout ton corps frémit de plaisir
De joie inattendue...
La première fois…
Le vent...le vent...le vent…
Mon petit…
La première fois
Mon tout petit garçon que tu as senti le vent sur ton visage
Tu as souri, tu as vibré
Et tu m’as éclaboussée de joies et de merveilles...
La première fois
T’en souviens-tu mon tout petit ?
~~~~~
QUAND…Quand tu m’adresses la parole sans même me parler
Quand tu passes près de moi sans jamais me frôler
Que le vide de ton regard me fait mal à pleurer
Alors je sais
Que jamais plus nous ne serons l’un pour l’autre
L’un à l’autre
Et moi qui ne réponds pas aux questions que tu ne me poses plus
Moi qui ne sais plus qui je suis
Qui pleure sans fin, si seule
Car même moi, je m’abandonne…
Quand tu cours vers la vie et me laisses sur le chemin
Quand tes yeux brillent et tes gestes s’envolent
Que je contemple ma vie et mon corps
Sans gestes, sans regards
Sans même de silence pesant entre nous
Car notre silence est si vide
Quand la vague se retire
Et m’oublie, exsangue…
Quand la lumière fait si mal
Que mes yeux se referment…
Quand la musique se rit
De ma surdité soudaine…
Que de moi émanent
Les dernières paroles, le dernier désir…
Alors…
Alors me reviennent
Ton regard de ce matin
La tendresse de ton baiser
La chaleur de tes mains
Je me souviens des rires d’un jour
De la danse effrénée de ta vie
Et de la mienne
Et j’accepte…
J’accepte le temps du repos
De vivre a travers toi
Quand tu me regardes comme ce matin….
Gwenn-aelle 21 nov 05