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Un peu de folie est nécessaire pour faire un pas de plus - Paulo Coelho
   

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Carnets de poésies - Gwenn-Aëlle

DIMANCHE

Tu t'es retrouvée seule

C'est pourtant dimanche
Jour de fête
Musique et petits fours
Mélanges et plats qui mijotent
Ciel gris et bonnes odeurs

C'est dimanche
Et t'es seule

Tu es là, assise sur la petite marche
Celle du jardin, tu sais?
Dans ton dos, musique et bonnes odeurs

Si seule

Chaleur de cuisine, jour de famille

T'as pourtant fait tes devoirs
T'as demandé, tu t'es renseignée
"Qui sera là?"
T'as calculé, t'as boulonné
C'est dimanche, jour de fête
De famille et de chaleur

Et puis, venue d'ailleurs
Du ciel gris et du bonheur
La vie est passée
T'a effleurée et les a emportés
Ta fille en pyjama,
Tes grands qui rigolent,
Cet homme qui a faim

Et toi t'es seule
Dans ta cuisine
Sur fond de silence
Les bonnes odeurs et ta musique

La vie est passée ce matin
Sur toi et les tiens
Ils l'ont saisie à pleines mains
Heureux de vivre
De rire et de partir

Et toi, sur ta marche
Avec ta musique dans le dos
Oubliée, échouée

Dans la cuisine, les odeurs d'un dimanche
La chaleur évanouie

La vie est passée
Si près de toi

Dehors, le ciel reste gris

~~~~~

Je ne veux plus
Je ne veux plus de mari, plus de chat, plus d’enfant…

Parce que les maris sont absents
Parce que les petits chats meurent
Et que les enfants…

Les enfants souffrent.

Je ne veux plus de soleil
Ni de pluie
Parce que la chaleur ne me touche plus
Et le froid est intense

Je ne veux plus de rires ni de pleurs
Parce que…
Parce que je ne sais ni rire ni pleurer

Je ne veux plus de frères ni de sœurs
Parce que….
Parce que je ne suis la sœur de personne

Je ne veux plus de Vie ni de Mort
Parce que…
Parce que ma vie est devenue la mort.

Je ne veux plus
De rien
Plus.

~~~~~

La première fois…
Tu te souviens, dis...

La première fois dont on croit qu’elle sera l’unique...
La plus glorieuse, la plus lumineuse...
Ton visage levé vers moi...
Tes yeux qui s’ouvrent…
Ton regard qui brille encore de toute la confiance du début…
Toi surtout…si pur encore,...ébloui par tes découvertes
Tendant les mains pour en avoir plus
Le premier rire ravi
Ravi
Emerveillé...
De nouveau ton regard qui se tourne vers moi
Qui m’invite à vivre comme toi
Au bord du monde

La première fois mon tout petit…t’en souviens-tu ?
Tu tends les mains vers le ciel...Tout ton corps frémit de plaisir
De joie inattendue...
La première fois…


Le vent...le vent...le vent…
Mon petit…

La première fois
Mon tout petit garçon que tu as senti le vent sur ton visage
Tu as souri, tu as vibré
Et tu m’as éclaboussée de joies et de merveilles...
La première fois

T’en souviens-tu mon tout petit ?
~~~~~

QUAND…

Quand tu m’adresses la parole sans même me parler
Quand tu passes près de moi sans jamais me frôler
Que le vide de ton regard me fait mal à pleurer
Alors je sais


Que jamais plus nous ne serons l’un pour l’autre
L’un à l’autre

Et moi qui ne réponds pas aux questions que tu ne me poses plus
Moi qui ne sais plus qui je suis
Qui pleure sans fin, si seule
Car même moi, je m’abandonne…

Quand tu cours vers la vie et me laisses sur le chemin
Quand tes yeux brillent et tes gestes s’envolent
Que je contemple ma vie et mon corps
Sans gestes, sans regards
Sans même de silence pesant entre nous
Car notre silence est si vide

Quand la vague se retire
Et m’oublie, exsangue…

Quand la lumière fait si mal
Que mes yeux se referment…

Quand la musique se rit
De ma surdité soudaine…

Que de moi émanent
Les dernières paroles, le dernier désir…

Alors…

Alors me reviennent
Ton regard de ce matin
La tendresse de ton baiser
La chaleur de tes mains
Je me souviens des rires d’un jour
De la danse effrénée de ta vie
Et de la mienne

Et j’accepte…
J’accepte le temps du repos
De vivre a travers toi

Quand tu me regardes comme ce matin….
Gwenn-aelle 21 nov 05




Date de création : 22/11/2005 @ 17:49
Dernière modification : 09/02/2007 @ 08:21
Catégorie : Carnets de poésies
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